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Les Pigeonniers

On rencontre en France, beaucoup de pigeonniers mais plus particulièrement dans le Midi, où ils sont plus modestes dans leurs dimensions. Sous l’ancien régime, seul les seigneurs et les Communautés religieuses pouvaient élever ces volatiles. Les pigeonniers qui étaient biens de la bourgeoisie étaient réglementés par des conventions locales passées avec le seigneur ou le bailli.

Au XVIIe s., on compte 42000 pigeonniers en France. A partir de la Révolution Française, leur nombre s’accroit. Toute personne qui avait les moyens, en faisait bâtir un. Cela occasionna de gros dégâts sur les cultures. Un règlement interdisit alors, la sortie des pigeons pendant les semailles. Le 4 Avril 1889, une loi donne pouvoir au préfet pour la fermeture des pigeonniers. Cela porta un coup fatal à l’élevage des pigeons.

 

Mais ces oiseaux servaient aussi au renseignement !

Au cours de la seconde guerre mondiale, l’armée allemande imposa l’abattage des pigeons.

A Murviel

Les pigeonniers-tours constituent l’une des originalités de la commune. Ils y sont très nombreux, dispersés surtout au nord-ouest de ce territoire. On peut en trouver en rase campagne mais aussi dans les Domaines. La datation de ces édifices reste difficile.

On distingue deux formes :

- pigeonniers inclus dans des bâtiments

- pigeonniers isolés

Intra muros, dans la cité, seulement trois bâtiments possèdent un pigeonnier : ils sont de petite taille et ne comportent que 2 ou 3 trous de sortie.

Un seul d’entre eux est installé dans une dépendance (rue Norbert Chiffre, pigeonnier De Vulliod)

Dans les Domaines, les pigeonniers sur dépendance sont le plus souvent placés dans un comble, ils possèdent une dizaine de trous de sortie.

Les pigeonniers isolés sont constitués de différents corps de bâtiments dont une tour couverte d’un toit à un pan, qui comprend 2 étages. Les nids (boulins) occupent le dernier étage. Ils sont carrés en brique ou installés dans des pots ou des tuiles pris dans la maçonnerie.

La tour est entourée de bâtiments. Il y avait au moins un poulailler clos de murs et couvert, s’ouvrant sur la tour. Les pigeons venaient y manger en période de semailles et de moissons, lorsqu’ils étaient interdits de sortie.

 

L’apogée de l’utilisation de ces pigeonniers se situerait du 17 au 19è siècles.

L’une de ces tours présente des appuis de fenêtre moulurés évoquant le XVIIème s.

Un autre offre un encadrement de porte en arc plein cintre reposant sur des impostes qui date de la seconde moitié du XVIIIème s. ou de la première moitié du XIXème s.

Les pigeons étaient une excellente source de revenus. Il fallait une surface agricole importante pour pouvoir les nourrir. Il était interdit d’installer plus de nichoirs que la superficie des terres ne l’autorisait. Sans quoi, le pigeon allait manger chez le voisin ! Dans le Midi, on compte environ un nid (deux pigeons) pour un demi-hectare de terrain. Chaque pigeon donnait deux à trois kilos de fientes par an. Elle était mélangée au crottin de cheval pour amender les terres.

Le pigeon était une ressource alimentaire recherchée, car elle était disponible toute l’année. Sa chair rouge est hautement énergétique.

 

Aujourd’hui, la plupart des pigeonniers des alentours sont abandonnés.

 

Le pigeonnier d’Yvernés

1- Situation géographique

Le pigeonnier de la métairie d’Yvernès est à la sortie nord-ouest du village, direction Cessenon/Orb – Réals. Après le pont sur le Rieutort, quittez la Départementale 36, prendre à droite et suivre le chemin sur 300 mètres. Tourner à droite et descendre jusqu’au pigeonnier.

Le sentier de randonnée "Les Pigeonniers" conduit à ce bâtilment.

2- Histoire du pigeonnier

Ce pigeonnier appartenait à la famille Yvernès. Cette famille possédait, entre autres, une bonne partie de la plaine autour de cette métairie, la métairie de Bramefan (avec son pigeonnier et ses dépendances) et de grandes demeures dans le village.

A Yvernès, la tour du pigeonnier était incluse dans une métairie composée d’une cour fermée, d’un habitat, d’un four à pain, d’une forge, d’une écurie, d’un grenier à olives, d’une aire, d’une bergerie, d’une souille à cochons, d’un poulailler, d’une basse-cour, d’enclos à bétails, d’un puits, d’un jardin et de bois.

La ferme possédait des meurtrières à vocation défensive. Tous les abords de la métairie étaient protégés car très faciles d’accès.

A proximité de cet ensemble, les différents compoix indiquent comme possession de la ferme d’Yvernès : des olivettes, des champs, des prés, des vignes, des bois de chênes et d’ormeaux, des rivages du Rieutort, des gravières, des friches et garrigues.

Cet ensemble clos était en fonctionnement au XVIIIème s. Cela correspond au « boum » démographique de cette période. Pour nourrir une population grandissante, toutes les terres disponibles étaient défrichées. C’est surtout le nord-ouest de Murviel qui bénéficie de ces nouvelles mises en culture. C’est aussi dans cette zone que l’on trouve le plus de tours-pigeonniers : les Canudelles, Yvernès, Pech Sérignan, Bramefan, le Ministre, Mas Maury, les Carratiers …

 

A Yvernès, il ne reste presque rien de la cour intérieure, seuls subsistent le pigeonnier, l’habitat, le four, le puits, et les fondations de la grange et de la bergerie.

 

3- Caractéristiques architecturales

Sa date de création du site reste incertaine. Le territoire à l’ouest de Murviel a connu une mise en culture intensive, à partir du XVIIIè s. De nombreux pigeonniers et le bâti visible d’Yvernès datent de cette époque. Néanmoins, il est probable que des fermes fortifiées existaient déjà.

Cet ensemble est composé d’un corps de bâtiment accolé à une tour, couverte d’un toit à pan, servant de pigeonnier. En haut, à chaque angle, une pierre dépasse. Ces quatre pierres servaient de repères aux pigeons en vol.

Le toit est incliné vers le sud-est, pour bénéficier des premiers rayons de soleil. Trois murs dépassent du toit : un plein au nord, un au nord-est et un au sud-ouest, pour protéger du vent.

Traditionnellement, une tour est bâtie sur plusieurs étages :

- le dernier, le plus haut, où sont situés les nichoirs,

- un demi-étage avec une fenêtre donnant sur l’extérieur, servant à entrer et stocker le grain lorsque les pigeons étaient enfermés ou à descendre le guano, les œufs ...

- au rez-de chaussée, une pièce particulièrement bien isolée, communiquait avec le pigeonnier. Les pigeons étaient interdits de sortie pendant la période des semailles et des récoltes. On ouvrait la trappe et les pigeons mangeaient dans la cave. (Décisions prises à la Révolution Française après lecture des cahiers de doléances : réglementation de la sortie des pigeons).

 

Les rives du Rieutort semblant avoir fourni l’essentiel des pierres (galets), du sable et du gravier utilisés dans la construction de l’ensemble. Le calcaire des encadrements est un calcaire coquillé local aujourd’hui dégradé. L’encadrement de la fenêtre du logis est en marbre rose, provenant de carrières proches, à Causses et Veyran ou à Saint Nazaire de Ladarez.

La construction semble avoir été rapide. Les parties les plus solides semblent être l’habitat, le pigeonnier et la grange.

 

Le sol travaille sur le côté nord de la métairie, l’eau d’écoulement depuis le haut de la colline « Pech Sérignan » jusqu’au Rieutort, semble saper la base des murs. Peut-être ceci explique l’effondrement de la voûte du four à pain et les lézardes sur certaines façades.

 

On remarque encore que la voûte du four est en brique. La sole est en belles dalles de grès.

 

Le Pigeonnier du Mas Maury

Il est bâti sur le même principe que le pigeonnier d’Yvernès.

Le plan d’envol et l’entrée du pigeonnier, situés au sud-est, sont aujourd’hui occultés par la surélévation d’un bâtiment au 20e siècle.

Ce pigeonnier-tour contenait environ 400 boulins (nichoirs), soit 800 pigeons.

Ils étaient une excellente source de revenus : 130 pigeonniers naissaient chaque semaine !

Le pigeonnier d’Yvernès est en cours de restauration, interdit à la visite.

Le pigeonnier de Mas Maury peut être visité, sous certaines conditions, sur rendez-vous auprès de Lise Carbonne, Domaine Galtier, 04 67 37 85 14.

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